Charles Pécrus (1826-1907) – Trouville, scène de plage

Né à Limoges, Charles Pécrus a dû se frayer un chemin dans la vie dès son plus jeune âge. Il a commencé à gagner sa vie en travaillant pour les Ponts-et-Chaussées à Paris. Ses talents en dessin lui ont permis d’accéder aux cours de l’École des Beaux-Arts, où il a été formé par des peintres spécialisés dans les « scènes de genre », tels que B. E. Fichel. Il se rendait également au Louvre pour copier les grands-maîtres classiques. Pécrus a commencé son exposition au Salon des Artistes Français en 1857 avec des scènes de genre, ce qui lui a permis de vivre de sa peinture. En 1865, son envoi au Salon intitulé « Le lendemain des noces » a été acheté pour la somme élevée de 2 000 francs par Napoléon III.
À partir de 1865, le voisinage d’Eugène Boudin, qui s’installe au 31 rue Fontaine alors que Pécrus réside au 42 (où il reste jusqu’à sa mort en 1907), explique peut-être l’amitié qui les lie ainsi que le nouvel intérêt croissant de Pécrus pour la peinture en plein air, en particulier les marines. La fréquentation de Jongkind semble également avoir gagné à cette évolution, de plus en plus marquée après 1870. Pécrus a peint sur la côte normande, dans la région de Barbizon, en Méditerranée, à Venise et aux Pays-Bas. Pécrus rejoint Boudin à Trouville et découvre l’impressionnisme, sa palette et son style en sont changés. Il arrivait parfois que les deux peintres traitent les mêmes sujets ou sites, avec une certaine similarité dans l’esprit et dans la touche, comme c’est le cas dans l’œuvre que nous vous présentons. Cependant, ce n’est qu’à partir de 1885 qu’il a presque entièrement abandonné la peinture de genre. Sous l’influence des impressionnistes, sa technique est devenue plus libre, avec des contours moins délimités et l’utilisation de touches de couleur distinctes, sans pour autant sacrifier l’exactitude du dessin, la justesse des tons et l’élégance de la composition.
Il a exposé pour la dernière fois au Salon en 1905 et a continué à peindre jusqu’à sa mort en 1907. En marge des cercles et des écoles artistiques, il gagnait modestement sa vie, sans atteindre la renommée (parfois éphémère) de certains autres artistes.
Cette scène de plage était destinée à son ami Eugène Boudin, comme le stipule l’annotation en bas à gauche « A l’ami Boudin, E. Pecrus ».

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