Louis van Engelen (1856-1940) – Marguerite, 1881

Louis van Engelen (1856-1940) est un peintre belge de renom du XIXe siècle. Il est réputé pour ses talents de portraitiste et de peintre de scènes de genre, mais il s’illustre également dans d’autres genres artistiques tels que le paysage et l’art animalier.

Né à Lierre en Belgique en 1856, Van Engelen entame sa formation artistique à l’Ecole de dessin de sa ville natale avant de fréquenter l’Académie d’Anvers. Il perfectionne ses compétences en étudiant aux côtés d’artistes éminents de l’époque. Sa passion pour l’art le conduit à voyager dans de nombreux pays comme la Russie, l’Italie, l’Amérique du Nord ou encore le Congo, où il acquiert de nouvelles influences artistiques.

Van Engelen s’installe à Anvers, où il devient membre du groupe d’artistes Als Ik Kan et co-fondateur du groupe Les XIII, constitué par des dissidents d’Als Ik Kan. Sa réputation croissante lui permet de fréquenter plusieurs cercles artistiques et intellectuels de son temps, et il se lie d’amitié avec d’autres artistes renommés de l’époque comme Emile Claus.

Le style artistique de Louis van Engelen était fortement favorisé par le réalisme et le naturalisme, des courants artistiques populaires du XIXe siècle. Outre ses compétences techniques, Van Engelen était un maître de la composition. Il avait le don de raconter des histoires à travers ses tableaux, en capturant des moments de la vie quotidienne et en révélant les émotions et les pensées des personnages représentés. Son talent et son succès lui ont valu une reconnaissance internationale, et ses œuvres ont été exposées dans des galeries et des expositions prestigieuses de son temps.

Anvers, une ville importante du nord de la Belgique, était un centre culturel et artistique florissant au XIXe siècle. La ville était renommée pour son école d’art animée et son riche patrimoine artistique, qui attirait de nombreux peintres et artistes talentueux. La ville offrait également une variété de sujets intéressants pour les peintres, notamment des scènes de vie urbaine, des cafés, des rues commerçantes animées ainsi que des portraits de personnages de différentes classes sociales. Les cafés étaient des lieux de rencontre et d’échange, où les gens se réunissaient pour discuter, se divertir et observer le monde qui les entourait.

La scène se déroule dans une brasserie richement décorée de l’époque, où trône un élégant miroir enchâssé dans des boiseries. Au centre de la composition se tient une jeune femme, dont le reflet se dessine dans la glace. Son visage reflète une expression de détermination mêlée à une certaine nostalgie, comme si elle était consciente de la brièveté du moment qu’elle était en train de vivre.

Le choix de représenter une jeune femme gravant son nom sur la glace du miroir est empreint de symbolisme. Le miroir, traditionnellement associé à la vanité et à l’image de soi, évoque ici l’idée de la beauté éphémère et de la jeunesse passagère. En gravant son nom dans le reflet de son visage, la jeune femme cherche à laisser une trace de sa propre existence, à figurer un instant de sa jeunesse qui se dissipera rapidement. Aux côtés de « Marguerite » figurent d’autres prénoms féminins comme Flora, Jenny, Marion, Amandine, Marge, Alphonsine, Anne, Clara, Adolphine, Zenia, Léonie… Ces inscriptions traduisent vraisemblablement une coutume insolite instituée par les tenanciers de la brasserie.

Le réalisme précis de Van Engelen transparaît dans le souci du détail. Au lieu de peindre les prénoms sur le miroir, l’artiste fait le choix de les graver directement dans la matière picturale.

Enfin l’artiste ajoute au milieu des prénoms le dicton suivant « Tout passe, tout lasse, tout casse » signifiant le caractère éphémère des choses et des sentiments, confortant ainsi la fugacité de la vie évoquée au préalable.

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